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24/03/2009

femmes, que devient-on ?

Lundi 9 mars 2009
Hier journée des femmes, cela m’a laissé pensive…
Quand on voit les nouvelles mesures gouvernementales : réduction du congé maternité, réduction du congé parental, …. ! Et l’exemple de Rachida Dati qui reprend son “travail” juste au sortir de couches !
Sarkozy clame régulièrement travail, travail et encore travail ; la femme ne deviendrait-elle pas seulement “productrice” d’enfants et de labeur ? Est-ce là la modernité tant prônée par notre président ? Pourtant cela me ramène à des images anciennes où la femme succombait sous le poids du travail 8 à 10 h par jour et ensuite s’occupait de la maison, une vie d’esclave. A moins que nous soyons toutes comme Dati tellement liée au prince et à la cour que nous ne souhaitons pas nous encombrer de l’enfant que l’on confie sans doute à quelque gouvernante ! Alors, pourquoi un enfant ?
Mais sérieusement, nous connaissons l’importance du rapport de la mère à son enfant les premiers temps de la vie pour ne pas couper trop vite ce temps symbiotique connu précédemment ; nous savons également les intérêts de l’allaitement maternel (raisonnable) et de cette attention qui permet un bon éveil de l’enfant et qui lui servira tout au long de la vie. Est-ce contre la modernité de préparer dès le début de sa vie l’enfant qui sera un adulte demain ? N’oublions pas non plus la santé physique et morale de la mère qui a besoin de se retrouver après ces temps particuliers de grossesse et d’accouchement.

Recul sur tous les plans : sanitaire, éducatif, droit du travail, place et rôle de chacun dans la société.

Travail, travail, est-ce de ce temps ? d’abord il n’y en a plus beaucoup ; d’autre part travailler pour consommer n’est plus le souhait d’actualité ; les gens sont pour beaucoup dans la survie ou s’ils peuvent “vivre” c’est pour vivre une “vie bonne” et non pour “bien vivre” en consommant sans cesse. C’est sans doute cela que visait Sarko quand il souhaitait nier mai 68 : à cette époque nous disions NON à métro, boulot, dodo. Comment peut-on être aussi aveugle, sourd et muet et en plus borné ? A nous les femmes mais aussi avec vous messieurs de dire notre autre vision de la société et de la place de chacun dont la place de l’enfant et de la relation privilégiée de ces premiers mois.
N'oublions pas non plus que, pour l'instant, la France a le taux de natalité le plus élevé parmi nos voisins européens qui nous envient (cf. les décisions prises dans certaine région d'Allemagne à ce sujet). Est-ce ainsi que nous pourrons maintenir un tel taux ?

J’ai l’impression de revenir au temps de mon arrière grand-mère ! …..

Précisions

Des études ont déjà montré l'importance de ce temps particulier des premiers moments de la vie de l'enfant et même les moments précédents (les chinois prennent le jour de conception de l'enfant comme jour anniversaire).

La naissance est un moment particulier très important ; dans notre société nous en avons fait un acte essentiellement médical, malgré quelques améliorations timides. Mais ce passage d'un état intra-utérin à un autre état qui nous confronte au monde extérieur est assimilé à une sorte de mort, mourir d'un état pour un autre état d'être, ce n'est pas rien ! Ajoutons à cela les accouchements plus ou moins difficiles mettant en danger la vie de l'enfant ou le traumatisant. Il en garde des traces dans son corps visibles ou non visibles, mais qui le marque à jamais. Certaines angoisses de la mort prennent racine dans ce moment d'accouchement à la vie.
De même, l'observation analytique prouve que le moment même de la conception de l'enfant est inscrit en lui (très sensible quand il y a eu violence au moment de l'acte sexuel y compris au sein du couple marié).
Egalement, la séparation trop rapide de la mère peut provoquer un sentiment de vide affectif profond qui surdimensionne cette sensation de paradis perdu lié à l'accouchement.

Ce changement profond pour l'enfant dû à sa naissance au monde se doit d'être accompagné tant au niveau des soins pédiatriques qu'au niveau psychologique et affectif. Nous le savons depuis longtemps.
Rappelons la méthode "kangourou" qui permet à des graves prématurés de vivre et de continuer leur développement harmonieux collés à leur mère.
Les jeunes enfants se développent au moyen de leur sens, ils réagissent au monde de façon sensitive, ils ressentent donc tout "en pleine charge", les sons, la parole, le toucher, le goût… Ils ressentent dans leur corps la précipitation, l'agitation, le stress de ceux qui les entourent comme ils goûtent aussi le calme, la tendresse, le mouvement juste, la parole et la musique douces.
Nous savons aussi qu'il y a des étapes indispensables pour bien grandir pour les bébés comme pour les plus grands, les faire grandir trop vite en les confrontant à des situations d'adultes, les privent de graduation dans l'expérience personnelle et progressive du monde.

A une époque, j'avais travaillé la question du rapport à l'argent et la consommation et animé des stages sur cette question (notamment en étudiant le rapport à l'argent des travailleurs sociaux face au rapport de consommation des familles en difficultés à qui l'on reproche de dépenser mal). Des études avaient montré les incidences directes entre la manière dont avait été nourri le bébé et sa manière de se comporter dans ses achats une fois adulte : biberon donné toujours trop chaud ou trop froid, trop tard, avant même que l'enfant le réclame ou juste au bon moment et à la bonne température construit la capacité à attendre en confiance, ou de se précipiter de peur de manquer, de lécher les vitrines ou de les casser.

Bien d'autres exemples pourraient être donnés vérifiant que ces moments premiers de la vie sont déterminants pour le reste de la vie même de façon inconsciente.
L'intervention de la personne tierce, le père, pour permettre la dé-fusion avec la mère et l'incidence dans l'acquisition scolaire de la division, et bien d'autres choses encore …

Tout le monde connaît et reconnaît l'importance de ces premiers moments de vie et l'attention qu'ils nécessitent ; alors si nous souhaitons un monde humain, veillons à ce que cela ne soit pas détruit.

Note
"mère", "père" : l'essentiel, on le sait, est la qualité relationnelle affective et éducative que l'adulte, quel qu'il soit, exerce auprès de l'enfant dans la régularité et dans des fonctions différenciées : maternelles (de l'ordre du féminin) et paternelles (de l'ordre du masculin)