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16/08/2015

Réjouissons-nous ! La Vie existe encore et se faufile dans les interstices

De retour d'un petit séjour dans la vallée de la Roya, le voyage me semblait long et pénible avec cette chaleur d'août et ce train bondé entre Nice et Marseille. Puis un nouveau TER depuis Marseille un peu plus climatisé et tranquille, et le voyage qui s'amenuise pour m'amener jusqu'à destination. Mais, peu avant Nîmes, le train s'arrête en pleine voie "pour une durée indéterminée, nous vous tiendrons informés et nous vous remercions de votre compréhension" !


Trop beau d'arriver sans encombre ! Les voyageurs témoignent par les mimiques de leurs visages ou par un soupir, la déception, le mécontentement, l'habitude de ce genre de situation : "une fois de plus" .... mais pas davantage, silence et attente.

Problème technique sur la voie ... Cela fait bientôt une heure d'arrêt, des voyageurs commencent à bouger, se déplacer dans le wagon. Beaucoup de jeunes, quelques rares personnes "grandes adultes", je suis sans doute la plus âgée.

Une heure et demie, trop, les voyageurs s'installent dans cette posture où ils ne peuvent que s'en remettre à ces techniciens que nous ne connaissons pas ni ne voyons et s’accaparent l'instant. Ils ne peuvent pas faire avancer le train ni rattraper la correspondance perdue, mais ils sont là et s'approprient le temps et l'espace. Le train silencieux et tranquille se met en mouvement, des conversations s'échangent d'une banquette à une autre, les jeunes vont fumer portières ouvertes dans l'espace entre les wagons. Ils font connaissance, parlent, rient, racontent, partagent ce moment impromptu. Les agents de la SNCF passent de wagons en wagons contrôler la situation, vérifier le non débordement, rassurer certains, informer d'autres sur les prises en charge possibles. Le train s'anime, lui qui était silencieux et morose. La vie endormie au fond de chacun, éclot et reprend dans son état naturel. L'incident que nous n'avions pas prévu ni programmé, nous ramène à notre état premier de partage simple, sans fard, l’échange sans arrière pensée, la reconnaissance de l'autre, ce voisin dans la même galère que soi. Mes jeunes voisins reviennent s’asseoir et proposent une partie de carte. J'apprends un nouveau jeu et me voilà sachant un peu plus que tout à l'heure et remplie de la gentillesse des uns et des autres.

Deux heures et demie de retard ! Le train repart enfin et redevient quasi silencieux mais avec quelques "au revoir, bonne soirée" et "bonne fin de voyage" qui s'échangent avec complicité entre ceux qui descendent aux stations suivantes et ceux qui restent jusqu'à leur destination ....

Commentaires

Le train repart enfin et redevient quasi silencieux .... mais pratiquement tout est toujours silencieux merci pour cet article nicole

Écrit par : abdelwaheb melaoueh | 16/08/2015

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