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21/11/2014

Prendre de la hauteur (ou profondeur) et sortir de nos chapelles

L’association DIRE, Dialogue Inter-Religieux, organise prochainement une rencontre à Avignon. Ma plus jeune sœur me fait parvenir cette information parce qu’elle sait que je suis attentive à cette démarche. Comme elle, car nous avons une histoire concrète, très semblable toutes les deux. Non pas des discours « sur » le dialogue et la rencontre religieuse ; mais le « vivre » dans les faits et dans l’amour, au quotidien, chacune ayant un enfant converti à l’Islam et marié avec une personne originaire du Maghreb.

J’apprécie ces rencontres inter religieuses ; tout dialogue, connaissance et re-connaissance est juste et utile, et pourtant pas suffisant.


Notre société a évolué et continue d’évoluer, malgré nous, autant qu’avec nous et grâce à nous. Heureusement qu’elle continue d’évoluer « malgré » toutes nos erreurs ! Heureusement qu’il existe suffisamment de « bonnes et belles personnes », des chirurgiens, physiciens ou ingénieurs dans diverses matières, chercheurs, poètes, penseurs ou maîtres spirituels pour contribuer, comme chacun de nous à notre niveau de conscience, à la progression de notre humanité ! Remercions-les et remercions-nous d'y participer également.

Cependant, nous le voyons bien en ce moment et cela nous angoisse, nous percevons que nous sommes au bord d’un gouffre ou d’une catastrophe pour l’humanité. Plein de signes nous sont donnés pour nous permettre une véritable prise de conscience : Ebola, ceux qui se revendiquent d’un Etat Islamique et massacrent sans crainte, la guerre entre Israël et la Palestine qui n’en finit pas et bien d'autres encore, les catastrophes naturelles que nous déclenchons non seulement par le non respect de notre terre et de son équilibre, mais aussi parce que nous la polluons par nos colères, nos haines, nos désirs de vengeance ou de profit au détriment d’autres personnes, etc. N’oublions pas que nos sentiments et émotions sont des énergies également, peut-être plus polluantes que le CO2. Vous connaissez ce proverbe chinois, repris par des météorologues : « le battement d’aile du papillon à un endroit de la planète devient tempête à l’endroit opposé ». Ainsi les vibrations émises par la colère contre notre voisin génèrent des semis de guerre sur la planète entière.

Il est donc largement temps de pacifier notre planète et donc de se pacifier soi-même. La première étape indispensable est de se défaire de nos peurs (la peur, exacerbée avec adresse par les extrêmes et qui devient leur fond de commerce pour générer la haine). En cela, le dialogue permet de connaître et reconnaître l’autre et, dans le même temps, de se connaître et reconnaître soi ; d’éviter ainsi la peur de l’autre par crainte de se perdre soi.

Mais, aujourd’hui, une autre étape attend que nous nous décidions enfin. Une étape nécessaire pour franchir le cap dangereux où nous sommes : non plus reconnaître et se reconnaître dans la différence mais comme « semblables ». Le dialogue n’est plus « inter » religieux, il n’est plus « entre » religions, partis politiques ou chapelles philosophiques, entre nations différentes. Il est à construire « entre nous » appartenant à une même communauté, les humains de cette Terre. Notre monde terrien, notre société humaine, ne peut continuer son évolution que si nous nous reconnaissons comme semblables appartenant à notre même famille, la famille Terre (et pourquoi pas la famille Univers !).

Pour cela, il est donc indispensable de « sortir de nos chapelles », quelles qu’elles soient. Je ne dis pas qu’il ne faut plus de chapelles ; j’annonce qu’il faut en sortir. Ne plus parler au nom d’une chapelle ou à partir de ses théories. Parler simplement en tant qu’homme et femme habitant la même planète, et partageant les mêmes aventures quels que soient le pays, la religion, la couleur de peau, la situation sociale ; nous sommes sur le même bateau qui risque de couler si nous ne changeons pas notre vision des choses à partir de notre cœur et non de nos théories.

Je prends une image : nous avons tous, qui que nous soyons et peu importe où nous vivons, nous avons tous besoin d’un « chez soi », d’une maison ou appartement, une caravane ou mobile-home, un logement. Non seulement pour nous protéger des autres et des intempéries, mais aussi pour nous retrouver en intimité avec soi et avec nos plus proches, tranquilles, en intimité, entre soi. Cela nous ai nécessaire. Cependant pour vivre de façon harmonieuse, « l’extérieur » nous est aussi indispensable : les autres, la rue, la nature non enfermée…

Comme la rencontre d’êtres appartenant à une même communauté humaine.

Ce n’est pas : « qu’est-ce qui est semblable dans nos religions ? », pas plus que « avec qui pouvons-nous faire alliance pour les prochaines élections ? » et daigner partager "un petit bout" de notre commun. Nous avons pris l'habitude de ne partager que peu, la surface de nous-mêmes, comme la surface des questions de société. Les guerres intestines au sein des groupes religieux ou politiques nous le démontrent et les décisions prises également, rien, ou si peu, sur le fond. Ceux qui ont le rôle de montrer un chemin n'indiquent plus que les haltes pour survivre en cours de route, mais aucunement le passage efficace et nécessaire pour arriver tous ensemble à bon port ! Ce devrait être : « qu’est-ce qui nous touche et nous concerne en tant qu’humain, dans le plus important, là où nous vivons ? » Car TOUT nous est commun, toute notre vie en inter-dépendance étroite les uns avec les autres.

Se sentir et se ressentir appartenant à une seule et même famille Terre, réellement, en conscience, au quotidien, changeraient considérablement notre façon de voir, de penser et surtout d’Être.

Dire est bien, mais Être est préférable.

Pour moi, il est évident que c’est la seule question qui importe aujourd’hui, maintenant, à l’Instant du Présent (le présent : cadeau de l’instant). Demain, sans doute sera-t-il très tard ! 

Pensant à la montée de toutes ces forces extrêmes actuelles, je partage avec vous un paragraphe de "conversations avec Dieu" tome 2, page 83, et que je trouve fort à propos : "Hitler ne vous pas été envoyé. Hitler a été créé par vous. Il a surgi de votre conscience collective et n’aurait pu exister sans elle. Voilà la leçon. La conscience de la séparation, de la ségrégation, de la supériorité, nous contre eux, nous et eux, voilà ce qui crée l’Expérience Hitler. La conscience de la Divine Fraternité, de l’Unité, du Un, du Nous plutôt que du votre, du mien, voilà ce qui crée la conscience christique." Que l'on soit "croyant" ou pas, cette réalité est bien ce qui se manifeste.

ou encore : tome 1, p.75  Une société vivant dans la peur donne forme à ce qu’elle craint le plus.

Bonne journée à vous

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