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10/08/2014

La religion n'est pas "la vérité", elle est un chemin

En ce moment, se transmettent sur Facebook nombre remarques sur les religions, ceux qui soutiennent et ceux qui sont contre telle ou toute religion ; chacun y va de son couplet sans se rendre compte que l’énergie des messages se transmet aussi : les guerres se font par différentes armes et les énergies de fermeture et de violence passe aussi par les mots véhiculés par le net. Prenons-en garde !

À quand le jour où les hommes auront compris que l’essentiel est autre que des rivalités de pouvoir, pouvoir temporel, pouvoir sur la mentalité et la pensée ? Répéter sur le net, des sortes de leitmotiv pour s’affirmer, ne permet pas à l’humanité de se détacher du concret de puissance pour prendre de la hauteur de point de vue, permettant, seule, l’ouverture et le dialogue entre êtres humains, donc semblables.


Que m’importe les découvertes des savants, sinon un accroissement de connaissances ! Qu’Abraham ait existé ou non tel que cela est interprété et écrit dans l’Ancien Testament ou qu’il soit un Pharaon Égyptien (ce qui d'ailleurs, est supposé depuis longtemps), ne change rien au message que son histoire transmet. Les textes sacrés sont à lire au niveau symbolique et non comme une histoire « vraie » qu’il faut croire absolument aux risques de châtiment suprême.

Je viens d’entendre sur France Inter, Abdennour Bidar terminer son émission « France Islam, questions croisées » (le samedi et dimanche à 13h20) en disant ceci : « les hommes sont les hommes et préfèrent suivre une religion qui donne des ordres que faire l’effort de la spiritualité, c’est-à-dire l’exigence de faire sa propre interprétation des textes et son propre chemin ». Le Christ lui-même, a dit : "je suis le chemin et la vie". Et pourtant ses disciples n'ont pas compris, traduisent et en font "la vérité" ! A chaque fois que quelqu'un dit "c'est la vérité", il s'oppose, et condamne souvent malgré les discours de tolérance, ceux qui ne pensent pas comme lui.

Ce n'est pas la faute de la religion en tant que telle ! Seuls les hommes sont responsables, ceux qui enseignent et ceux qui reçoivent l'enseignement et le pratiquent.

Être religieux c’est être « relié » en harmonie, à soi (à son grand Soi), aux autres, et à l’univers ; il n’est pas indispensable d’avoir une religion, mais la religion peut être un des chemins pour y parvenir quand elle est comprise en ce sens et non comme un ordre moral «fais ci, fais pas ça, crois et pense cela». La religion comprise et pratiquée comme vérité absolue (comme toute philosophie ou idéologie) limite la connaissance et maintient l’homme dans une situation d’enfant incapable de comprendre par lui-même, donc le maintient en tutelle. L’adulte, être adulte, c’est se détacher de ce que l’on a appris, même si nécessaire, pour penser, agir, par soi-même, non pas au travers de son ego revendicateur, mais depuis son être profond, si on accepte de l’écouter, ce que l’on peut appeler « la petite voix » qui nous dit le juste mais que volontairement, l’on n’écoute pas souvent, parce qu’elle est plus exigeante de droiture, de justesse et nous demande donc effort !

Mais comme est dure ce chemin ! Les événements nous le montrent constamment en ce moment : deux poids, deux mesures car imprégnés, empêtrés, dans nos héritages collectifs ! Nous envoyons des armes et des vivres à certains et pas à d'autres. Nous prenons des sanctions contre certains Etats et nous ne le faisons pas pour d'autres tout aussi dangereux et irrespectueux des droits des nations et des peuples. La politique, certes, mais surtout la religion, nos connivences et nos fausses culpabilités, nous font préférer certains plutôt que d'autres et tolérer l'inacceptable !

La justice, ce qui est "juste et bon" est essentiel et peut être commun à tous. Peu importe ce que je crois, et peu importe ce que croit autrui, semblable ou différent, il est comme moi, à la recherche de respect, de justice, d’harmonie sur cette terre. Et chacun prend les moyens, les chemins qu’il veut, qu’il peut ; l’essentiel étant la démarche et le courage du chemin plus que le but concret imaginé ! L’essentiel (essence-ciel) est à rechercher dans l’Essence du monde que nous partageons tous, même sans le savoir ! Entrer en dialogue, en échange est préférable que d’affirmer des « pour ou contre ». Ne pas se contenter des apparences ni des réactions premières qui ne sont qu’une facette infime, la plupart du temps déformée, de ce qui est.

Le monde changera profondément le jour où nous l’aurons non seulement compris, mais mis en œuvre chacun et ensemble !

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