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06/04/2014

Politique et appropriation en responsabilité de la commune, espace commun, pour faire communauté

Bonjour à vous, fidèles lecteurs

Certains se demandent sans doute « où je suis ? Dans quel état j’erre ? ». J’avoue que ce mot « errance » me convient assez car les temps sont très mouvementés et remuants, selon les jours avec des bourrasques plus ou moins fortes, violentes et déstabilisantes ou agréables et porteuses d’espoir ! Et aujourd’hui, malgré le soleil annonçant la venue du printemps, je reste dans de la tristesse et je me sens comme en suspens, dans l’attente d’un lendemain, incertain, inconnu, pour moi-même, mais aussi pour ceux qui ont œuvré durant cette campagne, pour ceux qui ont fait, à la suite du premier tour des élections, le choix d’un grand rassemblement contre un système dangereux qui ne cesse d’étendre sa toile, et pour tous les habitants de cette ville que j’ai fait mienne. Que sera demain ? 


Saurons-nous observer, analyser la situation au-delà des chiffres ? Saurons-nous sortir des ritournelles habituelles sur la démocratie pour faire, avoir le courage de faire, les choix qui s’imposent ? La politique n’est-elle que liée aux élections ou est-elle un engagement concret dans la construction d’un monde différent, en l’occurrence d’une société locale digne des valeurs qui sont les nôtres ? La politique se résume-t-elle à la prise de parole, discours et conférence de presse, contre attaque au conseil municipal ? Ou est-elle aussi nécessairement une action concrète, au jour le jour, mieux une Œuvre, comme l’énonce Hannah Arendt ?

L’œuvre étant ce qui reste quand nous ne sommes plus, qui se transmet de génération en génération ; l’œuvre politique étant l’Œuvre par excellence puisqu’il s’agit, non pas de la transformation de la matière comme l’artiste ou l’artisan, mais de la transformation de notre espace public, (social, économique, culturel), de notre vivre ensemble.

Cet espace public, ce vivre ensemble nous appartient en propre, ne nous le laissons pas kidnapper par certains ; il n’est pas la propriété du maire et de ses adjoints ! Les citoyens délèguent, par leur vote, la gestion de la ville, mais ils ne se désapproprient pas leur ville, leur espace de vie ! 

Alors ? La question essentielle n’est-elle pas : désirons-nous protéger, ensemble, et nous réapproprier l’espace qui est le nôtre ? Par les moyens adéquats ? 

Face à un système mafieux, seules des actions de résistance sont pertinentes ; être et agir « en Résistance » et non pas faire de la résistance. C'est-à-dire en créant par nous-mêmes et ensemble, en autonomie, la société que nous souhaitons par des actes et des actions concrètes dans le domaine économique, social et culturel et sachant trouver les partenaires fiables et en cohérence avec nos projets.

Je reste à disposition pour expliquer et transmettre à ceux qui le souhaitent, cette compréhension et ce savoir faire politique.

Quand certains d’entre nous se sont faits « acheter » par l’ancien maire devenu encore actuel, ils ont fait le choix, souvent par nécessité (promesse d’emploi quand on est au chômage) de perdre leur liberté et, devenant dépendant donc esclave du « maître local », ils ont aussi perdu leur dignité. Je connaissais certains et notamment un jeune Maghrébin avec qui j’avais discuté et sympathisé ; je suis solidaire avec lui, il est l’un des nôtres. Et je ressens en moi, membre de cette communauté sétoise (appartenant à la même commune), cette perte de liberté et cette perte de dignité.

Ce qui se passe ici, dans cette ville, est aussi un exemple de ce qui se passe ailleurs, en France, en Europe et dans notre monde Terre. Nous avons à comprendre, encourager, participer à l’évolution de notre humanité, chacun où nous sommes, avec ce que nous sommes (pas plus mais surtout pas moins que ce qu’est chacun de nous). Les aspirations sont grandes car les dangers sont très grands aussi. Souhaitons-nous, ou pas, être et faire des choix à la hauteur des enjeux actuels et à la hauteur de nos désirs profonds ?

Je souhaite sincèrement et profondément que chacun se pose cette question pour ensuite, envisager et concrétiser, avec d’autres, la réponse qui s’imposera.

Quelques précisions :

- Faire pour faire est de l’activisme. L’Être en harmonie avec ses aspirations profondes saura indiquer quoi faire et comment et cela devient de l’Action.

- Ne nous laissons pas piéger par nos différents formatages (leitmotivs idéologiques ou habitudes qui donnent l’illusion du confort), et ne détournons pas le sens des mots ; des êtres humains sincères, quelles que soient leurs convictions idéologiques ou religieuses sauf extrêmes, partagent les mêmes valeurs. Ce que nous avons de commun est bien plus grand que ce que nous mettons en avant pour affirmer nos différences. Face au danger, voyons ce qui nous unit pour conjuguer nos forces et notre détermination.

Bonne suite à chacun, en fonction de ce qu’il est et de ce qu’il désire être.

 

Commentaires

Chère maman, comment justifier et expliquer ce laisser aller général ? Je me souviens d'un temps pas lointain où les français avaient la réputation d'être difficile à gouverner par leur facilité à descendre dans la rue pour s'indigner ou se positionner. Il est incroyable de voir qu'en l'espace d'une génération la mentalité a évolué ! Maintenant chacun défend ses propres intérêts. Combien de nos co-citoyens ne voient dans ces élections municipales qu'un moyen d'améliorer leur propre situation ? J'ai toujours pensé qu'on avait le gouvernement qu'on méritait ! De gauche comme de droite ce n'est plus de la politique mais de la "guignolerie " faisant passe droit et faveurs en tout genre ! Mais finalement n'est-ce pas la mentalité actuellement ? Combien de nos concitoyens rêvent de connaître un tel ou untel ? Demandez leur pourquoi faire ? Pas plus tard que vendredi, j'ai pu inviter des princes saoudiens à prier dans notre mosquée en espérant une petite somme d'argent je l'avoue. L'homme qui était là, membre du C.A. de l'association, au lieu de leur expliquer nos besoins, a sorti sa carte professionnelle et expliqué ses propres besoins. Chose qui te paraît à toi et à moi impensable. Lui, l'a fait sans honte. Je pense que cela représente bien la capacité actuelle de la plupart des gens, rendant nos discours sur la responsabilisation, la formation, l'éducation à la prise de conscience, à un niveau qu'ils ne peuvent pas ou ne veulent pas comprendre. Alors que faire ? Tu proposes qu'on rentre en résistance mais pour qui ? Je choisirais plus le terrain de l'éducation à ceux qui veulent la recevoir. Et se battre pour une transparence réelle de tout système de hiérarchie. Je t'embrasse fort et suis avec toi.

Écrit par : Barec muriel | 08/04/2014

Ma Chérie, Résister pour que dure notre humanité dans ce qu'elle est véritablement.
L'exemple que tu donnes montre à quel point effectivement, notre société a perdu le sens du collectif, au sens ancien si j'ose dire, c'est-à-dire cette conscience forte d'appartenir à une société globale, à une humanité composée d'êtres humains dignes de respect ensemble. Ce qui est loin des collectifs tous azimuts défendant un intérêt ou des acquis ou encore une idée ! (ceci dit, peut-être est-ce mieux que vous gardiez également votre indépendance, peut-être appliquer à la mosquée ce que tu appliques pour toi-même ?) Nous n'avons plus ce sentiment profond collectif de dignité ; chacun est écœuré dans son coin ou essaie d'y survivre, tout seul, parfois par combines ! Tu fais le choix de l'éducation et tu as raison ; mais je suis convaincue que l'éducation passe aussi par l'appropriation de l'histoire, connaitre l'histoire de ceux qui ont compris que la survie de la société ne pouvait passer que par un sentiment d'appartenance vécue et actualisé (mis en acte) au quotidien. A la fois, paroles et actes d'ancrage dans une communauté vivante responsable. Me revient en mémoire ce slogan de la toute jeune CFDT des années 60-70 : "libre et responsable" mais ensemble et autre slogan qui refaisait surface en moi ces dernières semaines : AGV "avoir des gueules de vainqueurs" ; c'est ce style d'ancrage qu'il faut nous réapproprier pour inventer ensemble de nouveaux lendemains dans la continuité de nos aînés ; non pas avec passéisme, mais puiser dans nos racines-sources la force de l'humanité combattante pour renaître aujourd'hui et défendre notre humanité individuelle et collective ! Nous avons perdu le plus grave ! Nous nous sommes détachés de notre appartenance à la Terre, et aux êtres humains dans leur humanité forte qui est bien autre chose que "avoir" des biens ; posséder est devenu plus important que "être", malgré certains discours car ils ont, eux aussi, perdu leur ancrage profond, devenant des discours de tête (intellect) et non de cœur. Les paroles vides, simple vernis de réminiscence, n'ont pas d'impact. Seuls, paroles et actes ancrés dans notre humanité historique peuvent mobiliser les foules et faire renaître la vibration-énergie pour se réapproprier l'espace qui est le nôtre. Je l'ai vérifié, sans le vouloir, lors de ma prise de parole dans deux meetings de campagne. J'ai eu un impact fort sur le public et plusieurs personnes sont venues me remercier à chaque fois et l'une ajouta "vous nous avez impressionnés". Je n'ai rien fait de particulier, j'ai juste "dit" mais ancrée dans tout qui je suis et tout ce que je porte depuis des siècles, c'est-à-dire depuis cette vie et avec tous mes héritages reconnus et mis en conscience ! Je suis de cette humanité en marche vers son meilleur, pas de celle née seulement hier ou que l'on voudrait croire comme telle dans un faux modernisme. Des événements récents nous montrent le chemin ; je pense aux Chiapas, je pense aussi à l'Ecosse plus près de nous. Je pense aussi aux résistants de la dernière guerre ; nous avons une autre forme de guerre à gagner ! Nous croyant bien lotis, nous ne pensons pas à nous ressourcer auprès d'eux ; ils nous montrent pourtant comment faire et comment garder cette appartenance humaine d'hommes dignes, libres et responsables.

Écrit par : Nicole Bandelier | 08/04/2014

Cher Nicole
Après des années d'attente et de combat pour être une communauté, même si un peu fatigué et déçu, néanmoins j'y crois toujours que ensemble on produit la tolérance et l'acceptation des divers. Je continue écrire mes article dans les journaux locaux pour l’entente entre les italiens et ceux qui pensent allemand, les immigrés et le clochards … Seulement l’idée de victoire est devenue de moins en moins brillante, mai peut être plus réelle c'est-à-dire plus humaine : comme l’amour et même les conflits, les idéologies et surtout la vérité qui ce mêle avec les visions des différentes cultures et religions. Il me semble que parfois la justice pourrai avancer un peu plus en acceptant les autres que en mesurant avec acharnement le partage de l’argent et de la propriété : je vois les chose un peu moins claires mais tout doucement plus prêtes de l’humain et jaque jours l’histoire elle me parait un maitre dure et patient, et moi un élevé qui a besoin qu’on le laisse réfléchir d’avantage pour récupérer de l’energie pour se battre avant tout avec moi-même …
Nicole, .. avec affection
Antonio

Écrit par : Antonio Scaglia | 08/04/2014

merci Antonio ! ton message-témoignage me touche, venant de l'autre côté des montagnes ! .... avec ton humilité et ta sagesse coutumières et depuis ce Trentin, terre trait d'union entre deux cultures ! est-ce plus difficile en ce moment ?
au plaisir de bavarder de vive voix, qui sait ? tant à dire et réfléchir ! .... non seulement sur le monde mais sur nous et sur le présent
avec affection également, sincèrement

Écrit par : Nicole Bandelier | 08/04/2014

Nicole et amis, je suis profondément touché par votre témoignage de frustration et en même temps d'espérance.
Ce que nous vivons, ce que nous souffrons, c'est en effet l'emprise croissante de l'anonyme, mondialisation sans âme et individualisme sans cœur se renforçant mutuellement.
Mais si la communion est devenue si difficile, peut-être même impossible, n'est-ce pas parce que nous avons récusé la transcendance - non pas "quelque chose" au-delà de moi, qui risque fort de n'être qu'un rêve idolâtrique m'enfermant dans mes pensées, mais "Quelqu'un" au devant de nous, et qui fait signe. "Ce Visage vers lequel toutes les routes convergent" (Claudel). Pâques: vivre à tombeau ouvert !
Alain, prêtre

Écrit par : Alain Bandelier | 08/04/2014

Alain, aucun de nous n'a parlé de frustration, mais de présence au présent avec tout ce qu'il est, richesse et manque, ouverture et fermeture, le propre de la vie quoi ! Peut-être justement plus sensibles et conscients de notre dimension pleinement humaine, c'est-à-dire en lien entre humains et Au-delà qui nous lie, relie à l’humanité dans sa destinée, oui, bien au-delà de nous et pourtant en nous, Toi, tu l'appelles Dieu, d'autres autrement. Et les vraies rencontres et partage se font plus nombreux et plus sincères, de même les étroitesses se ferment davantage. Nous sommes dans une période de contrastes très importants. Mais, comme le disait Antonio, peut-être sommes-nous en voie de devenir plus "Humains", c'est-à-dire incarnant à la fois le Ciel et la matière unis par le Cœur, et non enfermés dans le pouvoir consommer, pas plus que réfugiés au Ciel en évitant la difficulté de l'aventure terrestre ou croire en quelque lendemain qui chante ou déchante, bref compter sur un ailleurs et se défausser de notre propre réalité. C'est peut-être là ce qui change et appelle, aspire d'autres lendemains, et la communion existe entre ceux et celles qui vivent ce moment en conscience et apprennent l'Unité en eux, c'est-à-dire à être complètement Homme ! Mais cela nous met encore davantage devant nos responsabilités ; alors deux solutions la fuite et on ferme les yeux, ou l'on invente ensemble à tâtons, une autre manière d'être et vivre ensemble. Mais cela passe par notre propre changement, une nouvelle incarnation, une nouvelle Pâques peut-être .... pour chacun et pour nous tous, Êtres de la Terre

Écrit par : Nicole Bandelier | 08/04/2014

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