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15/08/2013

Vieillesse, quelle réalité ?

Depuis plus d'un an, tourne en moi une question, parfois discrète, inaudible, parfois plus virulente : qu'est-ce que je fais ? Est-ce que je continue mes différents engagements associatifs et politiques (bénévole à la Fondation Abbé Pierre, adhérente au Mouvement Démocrate, adhérente à Force Citoyenne, association politique locale et membre de l'équipe de campagne de Philippe Sans pour les prochaines municipales). Est-ce que j'en fais trop ? Est-ce la manière de faire à modifier ?

Question qui trouve au fur et à mesure des événements, des réponses qui se succèdent et se complètent : l'important c'est l'attention que l'on se porte et la juste mesure des choses.


Il y a des questions que l'on se pose et auxquelles on a du mal à répondre, soit parce qu'elles sont complexes, soit parce que l'on évite de choisir. Alors, les événements nous apportent la réponse, ou du moins une partie de la réponse. Depuis un an, des situations extérieures me donnent des éléments que j'ai emmagasinés, mais il m'a fallu du temps pour bien comprendre, et encore reste-t-il à faire ?

Dernièrement, la déchirure d'un tendon de l'épaule et la découverte de l'éventualité d'un "handicap", m'a plongée sur une notion inconnue pour moi : je me suis sentie tout à coup devenir "vieille", c'est-à-dire handicapée et fragile. La révélation d'un possible ! panique, angoisse, découragement ... tout à coup, mon âge réel, pas celui que je fais mais celui de mon corps-matière, m'apparaissait ...

En bonne santé, avec une bonne énergie physique, morale, intellectuelle, je ne tenais pas compte de cette réalité des ans qui s'accumulent.

Triste réalité ? Non, réalité.

Bien qu'attentive à moi, je me laisse beaucoup plus facilement entraînée par les sollicitations extérieures, et parfois même je les devance, surtout quand elles correspondent à ce désir de "changer le monde", participer, contribuer au changement du monde proche ou lointain. Certes, j'ai fait beaucoup de progrès au regard de mon éducation de "femme qui n'existe que pour les autres, mari, enfant, etc..." Mais n'ayant guère de temps, ni d'argent spécifiquement pour moi, je ne fais pas assez à mon égard. L'équilibre entre être et faire et son être spirituel (l'être profond, l'âme pour ceux qui croient en cette dimension) reste toujours à réajuster pour nous humains. 

Je comprends mieux aujourd'hui ce mot de retraite, se retirer, non pas se retirer du monde, mais inverser les tendances. Rester existante et apparente au monde, garder ses convictions, ses engagements mais différemment ; être plus dans l'accompagnement et moins dans le faire ? ou  "autrement" ?

Mon temps a changé.

J'ai pris tellement soin des autres, dans ma vie privée, ma vie professionnelle (c'était mon métier) et militante. C'est le temps maintenant, de prendre soin de moi et aussi que les autres prennent soin de moi. une sorte de révolution - retournement - un passage dans un autre temps.

à moi d'apprendre à faire ce virage, sans dérapage, dans sa juste mesure. Indépendamment de l'âge, il est des temps dans notre histoire de vie où ce n'est plus le temps de ... du changement devient nécessaire plus visible qu'auparavant.

aux autres d'accepter et de comprendre ce changement, non pas dans la déception mais dans la perception du nouveau possible pour eux, d'un renouveau pour moi comme pour eux

Le changement d'âge, comme un changement d'ère, apporte toujours des pertes mais aussi de nouveaux rivages, de nouvelles opportunités, pour chacun ..... si l'on reste dans l'attention et l'écoute et la juste mesure des choses 

Changement d'ère ... ce n'est sans doute pas un hasard si j'utilise ces mots, car ce changement existe aussi et nous pousse à notre propre changement, se laisser porter par l'Energie de Vie et nous ne serons pas fatigués, et la vieillesse prendra tout son sens, comme chaque âge ou chaque étape de la vie.

Commentaires

bjr Nicole,
Je suis le retraité du marketing qui croyait contacter « Cette Evolution » et ma curiosité naturelle m'a poussé à voir ce qui existait derrière la personne Nicole qui me répondait.
Des questions existentielles que l'on élude toute sa vie car victime de sa religion du tout fait parfait « la création », nous oublions les leçons de Darwin, nous ne considérons pas notre vie comme une succession d'âges, de strates ou de phases et de transformations, mais comme un long fleuve tranquille et c'est pourquoi, enfermés dans nos certitudes, nous subissons de plein fouet les rigueurs de la vie en se plaignant sans cesse sur notre cas et avec juste raison puisque nous nous sentons exclus du bonheur promis en permanence par les marchands du temple.
Seuls alors les grands traumatismes comme celui de frôler la mort ou la crainte d’un handicap sérieux réduisant notre participation sociale ou d’acteur économique nous fait reconsidérer les choses avec sérieux en se retraçant un avenir le regard sur le moment vécu. Paradoxe utile pour savoir où on va tout en jouissant de l’instant. Carpe Diem.
Et même pour ceux qui passent avec bonheur au travers de ces graves moments, une étape marquante reste à digérer, c’est celle de la retraite par rapport à nos illusions concernant notre utilité en ce bas monde.
L’être qui se sent le mieux dans cette situation où le coté mercantile de l’activité s’atténue au bénéfice de l’utilité sociale est celui qui comme moi, indépendant toute sa vie, tout comme mon épouse, a fait ce qu’il a voulu, sans jamais croire que la société s‘intéressait à lui, en facturant ses services en tant que valeur d’apport et en choisissant son bénévolat sans attendre un merci en retour si ce n’est de sa propre conscience.
Ce détachement pousse à vérifier en permanence que la voie choisie est la bonne pour soi et son entourage, permet un « lâcher prise » aisé et « d’aimer ce que l’on a » plutôt que de chercher en permanence « ce que l’on aime », tout en se fixant un certain niveau d’exigence.
Plus le passé est consommé plus l’avenir se rétrécit, à ce stade il est grand temps de mettre son propre nombril comme centre du monde
Cordialement
Daniel

Écrit par : Daniel Leblanche | 25/10/2013

Merci Daniel pour ce témoignage et pour avoir oser en savoir plus à mon égard, c'est-à-dire oser le partage.
Je reprends certains passages de votre réponse si vous le permettez ; j'ai "grandi" encore depuis la rédaction de ce texte et continue à y voir un peu plus clair. Le lâcher prise pour moi, n'est pas dans "le rien attendre" mais d'attendre éventuellement sans affect ou émotion excessifs. Faire et être ce qui me semble juste et accueillir la suite.
J'ai également une perception différente du passé ; plus le passé est consommé, connu, reconnu et compris, intégré et plus il ouvre, il élargit l'avenir. Le cœur s'ouvre dans le même temps, guéri ou apaisé de ses blessures ; il me semble être encore plus à la dimension de la terre et de l'univers qu'auparavant car plus à l'écoute et moins dans le vouloir ; ce n'est plus mon nombril égotique qui est au centre, c'est le Moi (appelé aussi Grand Moi) qui peu à peu prend les rennes si je le lui laisse l'espace et remet mon ego à sa place avec douceur.
Alors oui, la vie devient elle-même plus douce et riche d'autre chose.
belle journée et à bientôt

Écrit par : Nicole Bandelier | 25/10/2013

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