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24/12/2012

L'illusion, la soumission plutôt que la sagesse

Etonnant comme les hommes sages se ressemblent et ne font pas recette en politique !


Hier, 23 décembre à 18h, Olivier Mazerolle recevait Jacques Delors : je croyais entendre François Bayrou ; les mêmes mots, les mêmes propositions, la même tranquillité car sûr de la justesse de son point de vue. Mais riche aussi d'enseignement :

Ministre de l'Economie et des Finances sous Mitterrand, de 1981 à 1984, (gouvernement Mauroy) Jacques Delors prônait déjà la rigueur disant : "la rigueur n'est pas occasionnelle, elle doit être constante" ; il veillait à ce que les dépenses n'excèdent pas les recettes, ni les importations dépasser les exportations. Estimé mais cependant seul à clamer haut et fort ce point de vue au sein du gouvernement.

Président de la Commission Européenne de 1985 à 1994, il a toujours défendu une Europe solidaire préparant la future Europe politique. mais l'Etat français a constamment freiné en ce sens, quel que soit le gouvernement, Gauche ou Droite, et encore maintenant lorsque A. Merkel propose un nouveau traité, Hollande dit "plus tard". La France est un des pays à craindre le plus une perte de souveraineté alors que seule une Europe politique peut rétablir la force de chaque pays comme de l'ensemble ! "la France doit choisir entre la survie ou le déclin" dit-il. Européen convaincu, il soutient le lancement du groupe Spinelli avec Guy Verhofstadt, D. Cohn Bendit, Isabelle Durant et Sylvie Goulard.

http://www.spinelligroup.eu

Au gouvernement, il lui était reproché (et cela perdure) d'être pédagogue et non politique (j'ai entendu cela dernièrement pour F. B.). Il répond à cela  par son refus de se présenter à l'élection présidentielle en 1994, alors que tout le monde l'attendait, "je n'aurais pas eu les moyens de mettre en oeuvre mes propositions, je ne voulais pas promettre et ne pas pouvoir faire". Il explique que non seulement les politiques n'étaient pas prêts mais les citoyens non plus. Un renversement des mentalités lui semble indispensable pour mener à bien son projet, les gens ne sont pas prêts alors qu'ils doivent comprendre et participer au changement.

On l'a vu aux dernières élections présidentielles, même scénario, F. Bayrou estimé par 70 % des Français ne fait que quelque pourcent. Lui a osé, comptant sur l'évolution des citoyens, mais que nenni ! Les Français reconnaissent la sagesse et le bon projet pour leur pays, mais préfèrent malgré tout, suivre ceux qui vont leur faire croire que leurs voeux seront exaucés, malgré les tempêtes nombreuses. Et, bien sûr ! cela fait plein de mécontents, car chacun attend du gouvernement la résolution de son problème particulier (fortunés, chômeurs, travailleurs, chef d'entreprises, etc.), la prise en compte de son point de vue spécifique (écologique, capitaliste libéral, socialiste marxiste figé sur des principes, etc.). Le charivari, le "je tire à hue et à dia", on connaît la suite et ça recommence ainsi indéfiniment ! .....

Pourtant des hommes sages existent, donnent leur point de vue, travaillent quotidiennement pour informer et défendre leur projet, le seul valable hier et encore aujourd'hui.

Réalisons : depuis 1983, soit 30 ans, un homme politique, suivi par d'autres, annonce ce qui est nécessaire pour notre pays ! Mais nous refusons d'entendre et d'accepter, cela nous obligerait à contribuer nous-mêmes au changement.

Est-ce que 2013 sera l'aube d'une prise de conscience collective et d'accepter, enfin, de ne plus croire au Père au Noël ?

je l'espère pour moi, pour mes enfants et petits enfants, mais aussi pour nous tous, citoyens Français et Européens.

Que ces temps de fêtes nous permettent un moment entre parenthèse pour reconsidérer le monde et notre petit monde personnel autrement .....

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