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28/10/2012

Pensée et Philosophie

Une amie m'a envoyé plusieurs mail pour échanger avec moi à propos de l'article "sur-affirmation identitaire et chaos". Cela me donne l'occasion de préciser l'existence de ce blog et son contenu. C'est pour moi un lieu d'écriture et de transmission, écrire mais partager avec d'autres mes pensées notamment à partir d'événements divers, façon de commenter la vie. Mais je le fais dans une démarche philosophique. Cela veut dire que je ne souhaite pas dire ni redire ce que l'on entend par tous les médias, dans les rencontres amicales ou militantes ou sur la place du marché. Ma volonté est d'interroger les événements, les situations par une démarche philosophique, c'est-à-dire aller au-delà des apparences, des pensées toutes faites, chercher ce qui se cache derrière, ce qui est à l'oeuvre, ce qui est origine de la situation.

Et, n'oubliez pas, vous pouvez faire des commentaires ou remarques, compléter, élargir la pensée.

Cela pose la question de ce qu'est la philosophie et qu'est-ce qu'une démarche philosophique ?


La philosophie n'est pas un discours ni une pensée ordinaires ; elle a pour principe le doute et la recherche ; les affirmations énoncées ne sont que des affirmations relatives. La philosophie n'est pas la vérité, c'est un chemin, un chemin de compréhension ; aller au plus profond des choses et de leur complexité pour s'approcher du vrai que l'on n'atteint jamais mais vers lequel on tend. (Cf. définition en fin de texte)

La philosophie est avant tout une démarche, un positionnement qui fait fi des certitudes, des a priori, pour observer plus finement, voir s'il n'y a pas d'autres pistes à découvrir dans le sens des mots, des situations, des événements.

C'est également sortir de l'émotionel, du passionnel, du concret sensitif pour aller vers la description la plus objective possible et la compréhension du phénomène ; se détacher des émotions tout en restant sensible aux perceptions, aux sensations qui nous enseignent également ; comprendre tout ce qui se joue en complexité pour arriver "au bout de la question", là où on a épuisé tous les pourquoi du pourquoi. Tant qu'un énoncé permet la question du "pourquoi cela" et avec une réponse possible, on n'a pas épuisé le questionnement, restent encore d'autres explications à dé-couvrir, retirer ce qui recouvre et cache la réalité que l'on cherche.

La sur-affirmation c'est exagérer son paraître, son dire, pour la seule raison de se faire remarquer, pour être sûr de ne pas  être oublié, le "et moi et moi, et moi", clairement énoncé ou indirectement manifesté, ceci sur un plan individuel ; on est alors sur la lutte des égo et des places. Au niveau collectif, je l'ai suffisamment explicité, c'est la primauté du groupe-clan sur l'individu. Ceci ne peut conduire qu'au conflit et au chaos.

Concernant la question du port du voile pour les femmes musulmanes et croyant à l'Islam et sur laquelle réagit cette amie, en faire uniquement une question sexiste et de soumission est une erreur car il n'y a pas que cela ; il est nécessaire d'aller au-delà pour en percevoir toute la complexité.                                De plus, mon propos portait sur la conscience de soi et la conscience-groupe. La conscience de soi n'a pas besoin de sur-affirmation, on est et on s'affirme tel que l'on est. Quand des femmes refusent des contraintes quelles qu'elles soient, elles s'affirment de par la conscience qu'elles ont d'elles mêmes. De la même façon tous les résistants à quelque oppression dominatrice. Ils affirment leur existence et leur refus de se plier à l'injuste et à l'autoritarisme. On est en plein dans le sujet que j'ai traité précédemment. Je ne vois pas en quoi il y a opposition. Je ne prends pas parti "pour" ou "contre" le fait lui-même, j'essaie de comprendre, d'élucider l'origine humaine, psycho-sociale du phénomène ; c'est peut-être cela qui m'est reproché. Une démarche philosophique n'est pas une démarche militante, tout au moins pas où on l'entend habituellement.

Je comprends et je suis pourtant à chaque fois étonnée de vérifier régulièrement cette difficulté de penser à un niveau philosophique ; de voir combien certains thèmes sont empreints d'émotions et de passions au point de ne pouvoir quitter ces émotions pour prendre distance ! Mais, de ce fait, la question n'est traitée que partiellement, donc faussement. La question philosophique n'est pas de savoir pourquoi et comment s'habille tel ou tel. La question est de percevoir l'origine de l'origine pour en comprendre et percevoir le noyau, et non la périphérie et les effets, pour en démasquer les fonctionnements et envisager des réponses possibles ajustées. Un peu comme en médecine : je prends de l'aspirine pour le mal de tête ou je cherche à comprendre l'origine de ce mal et le prendre à la racine ?

La philosophie est aussi un exercice, un savoir penser et un savoir être :

- Une pensée vivante parce que intériorisée. Sortir de la pensée banale ou rapportée, apprise ou de la réactivité.

- Une pensée qui vient de soi, par la réflexion personnelle à partir de tout ce que l'on est et de tout ce que l'on a emmagasiné (école, culture, expériences de vie, etc.) pas du copié ou du préfabriqué.

- Une pensée détachée des émotions qui nous font voir la réalité avec un prisme et nous renferme dans notre univers personnel.

- Le chemin de la pensée juste (quel que soit le ressenti émotif qui ne doit pas être nié) ouverte vers une dimension universelle. C'est observer, analyser, comprendre un fait particulier dans sa relation au général, pour en tirer leçon. C'est un changement de niveau de compréhension.

- Enfin, une pensée qui se vit dans les actes qui nous engage dans notre façon d'être et d'agir. 

La philosophie est non seulement une démarche de pensée, elle est aussi un art de vivre et d'être au monde.

 

Étymologie d'après Wikipedia :

Le terme est composé des mots « amour » (philos) et « sagesse, savoir » (sophía), la « philosophie » signifiant ainsi : « amour de la sagesse » ou « amour du savoir ». La philosophie est à plusieurs reprises définie par Platon comme étant en opposition avec les désirs « humains » : philo-hèdonos (amour du plaisir), philo-sómatos (amour du corps), ou philo-nikos (amour de la victoire). Pour lui, elle s'exerce plutôt dans la partie « plus qu'humaine » des êtres humains, c'est-à-dire dans une pratique purement intellectuelle, et elle est synonyme de φιλομαθια (philomathia) : « amour de la connaissance7 ». Par ailleurs, elle est une tension vers un savoir ou une sagesse que l'on ne possède pas, et en ce sens elle relève d'un désir permanent : ainsi, Socrate, lors de son procès rapporté dans l'Apologie de Socrate, affirme être « ami de la sagesse », et non pas « sage8 ». 

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