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21/09/2012

La sur affirmation identitaire et le chaos

Depuis quelques années, la violence se manifeste nous semble-t-il de plus en plus. Plus fréquemment, plus durement, éparse, ici et là, violence individuelle, violence de groupe, violence corporelle, violence psychologique, harcellement, chantage, parfois gratuite, de plus en plus souvent au nom d'un fanatisme ou d'une dérive psychique, etc. Elle explose là où on ne l'attend pas, dans la rue, dans les écoles, dans les chambres d'hôtel, pas uniquement dans les pays de guérillas. Ce n'est plus la guerre organisée, prévisible d'une nation contre une autre. Mais "la guerre de tous contre tous". Comment expliquer cette transformation de la violence, au-delà des analyses politiques, économiques ou sociales ?


L'Homme, et donc l'humanité, évoluent au cours des siècles et des millénaires. Nous pouvons aisément mesurer la progression en regardant derrière nous. Depuis l'an 2000, nous avons changer d'ère, nous sommes dans l'ère du Verseau. C'est ce que nous convenons de dire, même si cet avènement ne peut être actuellement déterminé de façon précise. La date diffère selon la théorie des astronomes ou celle des théosophes et se situerait pour les uns vers 1900 et pour les autres vers 2160, certains mêmes en 2600. Le changement d'ère survient tous les deux mille ans environ, et correspond à l'alignement du Soleil avec une des douze constellations du zodiaque, au début du printemps astronomique que l'on appelle "le point vernal". Pour se donner des repères historiques liés à la culture judéo chrétienne occidentale, sachons que Moïse a accompagné le passage de l'ère du Taureau à l'ère du Bélier, que le Christ a commencé l'ère des Poissons qui se termine pour laisser place à l'ère du Verseau. L'ère des Poissons était énoncé par certain comme la période religieuse et belliqueuse, tandis que la période du Verseau serait celle de l'harmonie. Nous pouvons penser à Malraux et cette fameuse phrase (qu'il n'a sans doute pas prononcée) "le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas". En fait, il disait (ceci étant rapporté par ses proches) : "je pense que si l'humanité du siècle prochain ne trouve nulle part un type exemplaire d'homme, ça ira mal", également "je n'exclus pas la possibilité d'un événement spirituel planétaire".

De tous temps, l'homme a constaté l'influence des astres sur la terre, les hommes et l'humanité. Des cycles se produisent et modifient les comportements, l'évolution du vivant. Que l'on y soit sensible et que l'on accepte ou pas cette vision, il nous est facile de constater ces changements. Je ne fais ici que les expliciter à ma manière, à partir de ce que j'ai compris, appris et aussi de ce que j'observe, avec humilité et laissant chacun libre de sa pensée ou de sa croyance et de son autonomie de jugement.

Depuis sa création, l'homme n'a cessé de "grandir", de croître en intelligence, en connaissance et modifiant son environnement surtout ces deniers siècles avec le développement des sciences. Ces développements ont influé sur son comportement, sa manière de voir et de vivre dans le monde. IL a notamment acquis "la conscience de soi", son individualité, sa spécificité, son "être unique" se distinguant des autres. Cette évolution était indispensable, mais elle a aussi suscité des dérives telles que l'individualisme, la sur affirmation de l'égo, le "moi je" et les "et moi, et moi, et moi !" "j'existe, donc je suis, reconnaissez moi, j'ai raison"... Certains se servent, dominent dans leur seul intérêt (pouvoir, argent), d'autres luttent égo contre égo pour prouver qu'ils existent. Les dérives aggravées des sociétés actuelles qui se manifestent tous les jours sous différentes formes et qui nous font craindre l'avenir !

Notre monde est en tension, sous tension. L'humanité évolue avec et malgré nous, c'est-à-dire avec notre conscience, notre participation ou avec notre indifférence ; et chacun de nous est lui-même en chemin d'évolution personnelle, en stagnation, ou en crispation sur lui-même. L'écart se creuse entre le cours global évolutif de l'humanité et l'évolution réelle de beaucoup d'humains. La crispation a comme origine la peur du changement et comme expression l'agressivité.

La conscience de soi, si elle s'accompagne de la rencontre et de la reconnaissance de son être intérieur, produit de la distanciation avec autrui et de la proximité avec Soi ; c'est-à-dire de la dé-fusion avec l'autre ou le groupe d'appartenance, l'autonomie de penser, d'agir, être soi, unique mais en lien, au milieu des autres à qui l'on reconnaît la même liberté d'être. C'est ce passage de l'égo au Moi auquel nous invite l'époque actuelle, l'ère du Verseau, ce que certains appellent le cinquième règne, dont l'objet serait "le juste rapport aux autres" (humains, animaux, et juste rapport à la terre et à l'univers).

Nous en ressentons tous le besoin, la nécessité. Nous sommes allés trop loin, il est temps de rétablir un nouvel équilibre. les peuples dans les remous des indignés et les révolutions actuelles au Moyen Orient en sont des manifestations, manifestations de l'aspiration à un monde plus juste, plus harmonieux.

Pourtant, la violence demeure, la spéculation excessive, le terrorisme ! Alors que se passe-t-il ?

Le pouvoir et la domination, qui s'actualisent sous les différentes formes : l'argent, le gouvernement d'Etat dictatorial, l'esclavage moderne, etc. sont les dérives de la conscience de soi et de l'amplification de l'égo. "Je" devient le centre et asservit ce qui l'entoure.

Le terrorisme, le fanatisme sont le résultat exagéré de la conscience de groupe, une évolution qui s'est arrêtée au troisième règne (premier règne le minéral, 2ème règne le végétal, le 3ème l'animal, 4ème règne l'homme). L'être humain porte en lui toute cette évolution et l'enfant qui naît puis grandit passe par les différentes phases de l'évolution humaine (de nombreux médecins et scientifiques ont fait des études intéressantes sur ce sujet). L'animal a une conscience groupe, il n'a pas de conscience individuelle, mais conscience de sa famille, de son troupeau sans s'indifférencier. On le remarque aisément dans les actes terroristes, l'individu n'existe pas, il colle entièrement avec son idéologie, sa doctrine, fusion totale au point de perdre sa vie pour faire valoir la conscience groupe fanatique, fusion et donc confusion, on  ne sait plus qui est qui et cela n'a pas d'importance. Si l'on prend d'autres exemples comme la vendetta en Corse ou en Sicile, le clan familial dicte la loi, l'individu ne peut déroger à ce principe.

Je prends des exemples extrêmes qui montrent bien ce phénomène et dont certains sont d'une cruelle actualité (d'autant plus qu'aujourd'hui se révèle la conscience de groupe porté par un individu isolé, sans support de proximité physique du groupe). Mais nous pouvons également être confrontés à cet état dans des situations banales de la vie quotidienne. La plupart des groupes entretiennent la conscience de groupe (c'est normal) mais excessive, recherchant l'indifférenciation, c'est-à-dire en annihilant la conscience de soi, ou en la craignant avec l'idée que dans le groupe il ne faut pas de différence car ce serait la mort du groupe, d'où la pression, plus ou moins consciente, du groupe sur l'individu ; on peut le voir au sein des familles comme dans d'autres lieux. 

Sur ces bases théoriques, revenons à l'actualité et analysons les derniers événements, film réalisé par des américains et caricatures de Charlie hebdo, qui ont généré des manifestations et des réactions diverses notamment en France. Si la liberté d'expression existe, elle incombe aussi responsabilité de ses actes et notamment de ne pas aggraver la fragilité du lien social déjà fortement endommagé.

La question de l'ostentation par le biais du vêtement :

Marine le Pen demande la suppression des attributs religieux tels que voile et kippa, dans l'espace public, donc partout sauf dans sa propre demeure et dans les lieux spécifiques. Je souligne qu'elle ne parle pas des vêtements portés par les catholiques, est-ce un oubli de sa part ou est-ce volontaire ? ? Parlons en justement : les religieuses qui, même plus discrètes qu'avant, n'en sont pas moins très visibles. Les prêtres catholiques, eux, ont adopté une tenue "civile" comme tout à chacun se distinguant seulement par une croix posée sur le revers du veston et, parfois, pas toujours, un col de chemise particulier, donc discret. A l'opposé, les prêtres catholiques intégristes restent en soutane dans l'espace public. De même, des musulmans et des juifs ne marquent pas leur différence au travers du vêtement, alors que d'autres, de façon volontaire et ostentatoire, vont se faire remarquer par des signes distinctifs issus de leur religion (reste à déterminer cependant la part religieuse et la part de la tradition culturelle). Ces exemples montrent bien le rapport au groupe mais aussi le rapport individualisé que chacun entretient avec son groupe d'appartenance, la connaissance et reconnaissance par le paraître pris comme une identification, parfois même comme une revendication plus ou moins contenue.

Comment peut-on connaître un être humain, une personne ? Par ce qu'elle est, son Être, ce qu'elle fait, son Oeuvre, et par son apparence, son paraître. L'Être étant en rapport direct avec l'être intérieur ; l'Oeuvre étant l'actualisation de l'Être dans l'Action, l'être apparaît au travers des actes posés,  l'interieur vers l'extérieur ; l'apparence est la partie la plus extérieure même si elle reflète soi également comme une sorte de miroir. Graduation de l'intérieur vers l'extérieur. Étrangement, la soi-disant affirmation de soi au travers de cette phrase "je m'habille comme je veux et les autres peuvent penser ce qu'ils veulent" est souvent une litote "je m'habille comme je veux pour provoquer le regard de l'autre". Cette affirmation de soi au travers de l'affirmation identitaire de groupe est donc une affaire personnelle rendant visible le rapport que l'on entretient avec soi et avec les autres : être ou paraître. Lequel est le plus important ? Comment la conscience intime de Soi, et donc un juste rapport aux autres, va conditionner l'apparence, la manière de se montrer ? Être simplement, s'affirmer, se sur-affirmer, revendiquer son existence ?

Les Français qui répondent aux sondages concernant cette question, expriment majoritairement leur désapprobation sur cette apparence religieuse dans l'espace public, reprochant à ces "autres", juifs, arabes, pratiquant l'Islam, de polluer en quelque sorte l'espace public par le religieux ; et aller jusqu'à polluer les boucheries par la viande Allal ! Ils leur reprochent leur affirmation identitaire. Or, cette position, en creux, est exactement de même nature, une sur-affirmation de n'être pas comme eux, donc une sur-affirmation d'être soi à laquelle s'ajoute l'ordre (la domination) de ne pas apparaître différents.

La sur-affirmation de soi ne peut que rencontrer une sur-affirmation opposée, la lutte des places individuelle dans une famille, dans une association, dans une entreprise ou un parti politique ; la lutte de groupe contre groupe ; la guerre, le retour au conflit de clans ou de tribus, le chaos. La société "civilisée", règlementée où chacun trouve sa place explose et l'on cherche à imposer d'autres règles.

C'est aussi, de façon sournoise, l'expression collective du refus du religieux dans notre société devenue hyper matérialiste. Mais, à travers ce refus, s'exprime cette volonté farouche d'être tous pareils, même si l'on sait que ce n'est pas possible ni même souhaitable. Ce désir tenace d'éviter tout conflit - la religion étant une des premières causes de conflit - de maintenir contre vents et marées l'identité humaine comme une et indivisible, rester à la conscience groupe animale (c'est-à-dire au travers de cette défense instinctive et inconditionnelle de son groupe, de son clan ou de sa famille), refuser que l'on peut être soi unique mais avec d'autres également uniques, libres les uns et les autres d'être mais ensemble.

L'Être Humain, sa spécificité et son universalité terrestre résident bien au-delà des apparences ! Nous pouvons sortir de ce chaos, de ces événements et réactions qui nous heurtent, qui heurtent notre conscience humaine. L'avenir de notre société, donc de notre humanité en dépend. Chacun de nous, au quotidien, en est co-responsable. Souhaitons-nous réellement et dans nos actes, nos attitudes, être à la fois dans la conscience de soi et dans un juste rapport aux autres ? Dans l'harmonie retrouvée ?

Cela suppose également l'acceptation de l'évolution de l'humanité et du sens historique. Nous sommes au XXIème siècle, nous ne sommes plus au Ier ni au VIIème siècle. Si l'ancrage dans les origines est nécessaire pour se construire, rester coller à l'histoire ancienne crée un décalage avec l'actualité, avec les autres, avec l'évolution commune bienfaisante. Être ancré sans être figé, être ancré en restant dans le mouvement de la vie. Copier non pas les signes extérieurs, mais les énergies du coeur.

Je fais ce choix et je formule ce souhait. Je nous invite à découvrir une meilleure façon d'être au monde, retirer le voile qui nous empêche de reconnaître cette possibilité en nous.

 

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