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18/06/2012

Le changement c'est maintenant ! Vraie ou fausse publicité ?

Nous terminons ces longues campagnes électorales ; deux séries d'élections en deux mois ne sont pas pour mobiliser les Français, ils l'ont fait savoir (sans compter les primaires socialistes qui ont monopolisé les antennes radio ou TV pendant des mois !). Élections dont, par ailleurs, on connaissait les résultats avant d'avoir voté ! Contente que ce soit fini ! Mais maintenant, quel sera l'avenir proche ?


Le PS a les pleins pouvoirs. Des journalistes aujourd'hui s'en inquiètent alors que la plupart ont favorisé cette situation en faussant le jeu de l'objectivité et de la juste information ; notamment médiapart, parmi d'autres, qui n'a eu de cesse de faire une analyse avec un jugement de gauche à priori et qui maintenant craint la suite ! J'apprécie ce média dans son travail d'investigation, c'est pourquoi je m'y suis abonnée, mais les analyses sont trop marquées "à gauche" et manquent de ce fait de mesure. Facile de dire aujourd'hui "danger" !

Depuis l'élection présidentielle, nous savions qu'un Président PS conduisait à cette situation : le PS détient l'Etat, les régions, de nombreux départements et maintenant l'Assemblée Nationale. Les électeurs ont fait un choix, poussés par les médias qui ne cessent de cliver le débat autour de deux clans ; ils font de la presse politique comme ils traitent la presse people ou sportive. Les stars sont choisis d'avance, on les voit partout, tout le temps, les autres passent aux oubliettes, tel F. Bayrou que l'on a vu essentiellement sur BFMTV ou les petites chaînes privées. Pas intéressant, il ne gagnera pas, donc on le fait perdre !

Intéressant aussi de voir le comportement des responsables des grands partis ! Ils réagissent de façon identique, "à nous toute la place, pas de cadeau même à ceux qui nous en font". Seuls quelques rares Gaullistes ont compris et énoncé qu'il ne fallait pas "perdre à l'Assemblée un homme de valeur". Ceux-là, pour moi, sont de vrais politiques, non pas parce qu'ils soutenaient F. Bayrou, mais parce qu'ils savent combien le pluralisme est important. Ils n'ont pas été entendus.

Mais, au-delà de ça, je fais une autre analyse du résultat de ces élections. Analyse qui va peut-être choquer certains, parce que je me situe à un autre niveau, peu habituel.

En observant, écoutant, la campagne pour l'élection présidentielle, je me disais que seuls deux partis ont véritablement proposé aux Français un "vrai" changement : le Front National avec sa position extrémiste, mais clairement affichée, ils n'ont pas triché avec ce qu'ils sont. Il est évident que je suis très opposée à cette conception de la société, mais je reconnais la qualité de leur campagne et aussi "le changement" réel qu'ils proposaient. En ce sens, je trouve bien qu'ils aient deux députés à l'Assemblée ; ils ne pourront plus jouer aux victimes et leur électorat est représenté. Cela devrait modifier la question de la représentativité, ils ne sont plus les exclus politiques même s'ils sont à combattre. Et nous, nous ne pouvons plus fermer les yeux, faire comme s'ils n'existaient pas.

Le deuxième parti à proposer un réel changement c'est le MoDem avec François Bayrou et sa position extrême ; oui, c'est une position "extrême" de prôner, et de le faire, l'équilibre, la mesure, le partage, le "oeuvrer ensemble dans une unité nationale". Paradoxalement en France, être au Centre c'est être "extrémiste" puisque, parait-il, le centre n'existe pas, il ne peut que pencher d'un côté ou de l'autre. Certes l'équilibre est toujours à rechercher, à ajuster, pour autant il existe bien. C'est cela qui déroute, il n'est jamais défini une fois pour toute, l'équilibre, la justesse n'existe qu'à l'instant T et se renouvelle sans cesse. Quel plus bel idéal que de vouloir parfaire son équilibre personnel tout au long de sa vie ! Pourquoi pas en politique ? Les solutions doivent pourtant être inventées et s'adapter à la situation du moment ! Bien moins confortable et si différent des recettes prévues à l'avance, des idéologies immuables et protégées par des frontières nettes infranchissables !

Deux véritbales changements que les électeurs ont balayé d'un revers de bulletin, les extrêmes n'ont pas droit de cité !

Marine le Pen avait fait un bon score aux présidentielles parce qu'elle avait permis de cristalliser tous les mécontentements des Français qui voulaient affirmer ainsi leur colère et leur ras le bol d'être bernés sans cesse. Mais, heureusement, ils se sont ressaisis ; après le temps de la colère, celui de la modération.

François Bayrou a été rejeté dès le premier tour. Annoncer, inviter le peuple français à un nouvel avenir n'était pas soutenable. Les Français continuent à être lucides quant à ce qu'ils ne veulent plus, mais sont encore incapables de choisir ce qu'ils souhaitent. Ils préfèrent s'accommoder plutôt que d'oser leurs rêves ! En cela ils ressemblent à ces personnes mal à l'aise dans leur famille ou dans leur travail mais qui n'osent pas partir à cause de l'inconnu. De plus, ils en ont perdu l'énergie !

La défaite flagrante de Mélenchon en est un bel exemple ; le Front de Gauche a gagné quelques sièges au Parlement (principalement des membres du PC). Mélenchon a fait son show, "le peuple de gauche" en a profité pour se retrouver fraternellement avant de poursuivre ses déchirures. Le clown est passé,  il est même tombé, plouf ! revenons à la réalité. Il sait lui-même que ces propositions ne sont pas tenables.

Chacun se réjouit : "le Président va pouvoir gouverner, il a la majorité absolue à l'Assemblée". Mais quel est ce changement annoncé ? Certes, des mesures vont être prises, certaines sont déjà esquissées, ce sera mieux sans doute que précédemment. Mais, sur le fond, quel changement ? Au lendemain de cette élection législative, les mêmes bagarres, les mêmes rivalités, les mêmes ambitions des uns et des autres, les mêmes clivages. Ce sera une autre chanson mais sur la même rengaine !

Quelle politique et quels politiques ? Qu'est-ce que la politique en France et qu'est-ce que la démocratie ? Cela n'a plus de sens, on ne sait même plus ce que c'est. Les propos de certains hommes renommés en dit long sur cette perte de sens. Jack Lang qui, au soir de la Présidentielle évoque "la valeur de l'alternance". Un autre PS, un peu plus tard lors des législatives énonce "il n'y a pas de démocratie s'il n'y a pas d'alternance". L'alternance serait-elle le fondement de la politique ? Est-ce le fondement de la démocratie ? Il est temps que ces messieurs retournent à l'école ! Ils sont pourtant les vecteurs de la transmission ! Comment osent-ils dénaturer l'acte politique, l'une des plus belles oeuvres de l'Homme ?

Dans un reportage ce soir, des électeurs se plaignaient de cette fracture dans la circonscription de Collard, les Français montés les uns contre les autres, la France coupée en deux. Oui, ils en ont assez de ce fonctionnement et pourtant ils n'osent toujours pas changer de repères et oser du nouveau. Ils restent sur ce qu'ils connaissent et sur ce qu'on leur répète à longueur de temps. 

L'UMP, par contre, au moins certains, commence à comprendre. Ils subissent durement le choix d'indépendance du Centre et ont conscience que cet électorat leur a manqué. Dommage que les "centre gauche" se sont trop vite réfugiés dans le giron PS. Ils vont peut-être le regretter, espérons !

A quand les Français qui oseront un véritable renouveau ? Et comment les y aider ? Voilà la question qui nous est posée. Serons-nous suffisamment exigents et audacieux pour les accompagner et croire en cette noble tâche qu'est le gouvernement de la République ? Une politique autrement ?

Commentaires

Pour moi les médias en ne parlant que sur l'actualité politique franco-française sont pleinement responsable.

Ne parlant pas ou très peu de ce qu'il se passe au Canada, en Suède en Islande... d'autres exemples de politiques et de faire de la politique.
Comme si encore une fois les français savent mieux faire que les autres et en même temps ne veulent surtout pas se remettre en cause en réfléchissant sur d'autres exemples possibles et qui marchent.
C'est assez kafkaïen, en voulant protéger une certaine fierté nationale on refuse la remise en cause mais en refusant de se remettre en cause on met en périls notre système unique que nous voulons sauvegarder et qui est notre fierté.

Acceptons nous même juste le mot "autrement" ?

Personnellement je pense que non. Les résultats de ces élections le prouvent, les français préfèrent revenir à un passé qui pourtant les a déçu, un modèle qui savent pourtant désuet.
Pourquoi parce qu'on ne leur a pas montré d'autres façon de faire et qu'on a fait passé M. Bayrou pour un intellectuel utopiste tombé de je ne sais où... Mais pas seulement pour moi cela relève de la psychiatrie de groupe.

Vous votez pour des gens qui de toutes façons, vous en êtes convaincu vont se plantez et vous décevoir, comme j'entendais des amies dirent : oui mais nous on votent socialiste, genre on fait parti du groupe des gentils, illusion oubliée, ministres caviars et café, mini remaniement pour placer les copains et bouger ceux qui dérangent, non désolé vous avez voté pour rien : nous sommes toujours dans l'oligarchie (et en plus incompétente) on a juste changer de clan et la démocratie à passer aussi vite que la caravane de Coluche.
La démocratie n'est pas juste le vote, la démocratie c'est avant tout pour moi une manière de débattre, de réfléchir, d'avancer vers une utopie oui, mais assumée, car naturelle, celle de partager et de protéger.
En un mot faire de la politique, donc la question n'est pas quelles politiques, mais sait-on encore ce qui signifie le mot politique.
Politique, démocratie, philosophie, éducation populaire où est tu ? M'emmerdes pas, passe moi la télécommande et mets moi "secret connery" que j'ai m'a dose de besoins affectifs comblé via un monde qu'on a imaginé pour moi. George Orwell tu es là ?
Conseil du jour : ne mangez pas trop, purifiez vos maisons et entraînez le muscle que vous avez entre les deux oreilles. Les années futures vont être longues. Patience, patience et re-patience.

Écrit par : Muriel | 24/06/2012

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