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22/04/2012

je suis ma-la-de ! la France ma-la-de ! ...

Quelques réflexions à chaud ; je les reprendrai sans doute plus tard en les complétant dans un autre article

"Qui sème le vent, récolte la tempête"

Résultat : la montée de l'extême droite comme jamais ; bravo Nicolas, tu as gagné cela, mais tu vas sans doute aussi en perdre ta place ! au moins je le souhaite. Nombreux ont choisi "le pire", grâce à tout ce qui se distille depuis des années sur les ondes et sur le net et, comme le disait un journaliste éclairé (il y en a encore) les propos d'extrême droite relayés par Sarko président, Guéant, etc.  sont devenus, de fait, une pensée normale et même institutionnelle, donc reconnus comme langage républicain.

Ce résultat électoral nous oblige à une analyse beaucoup plus fine ; en serons-nous capable ? Quelques réactions me viennent à l'instant :


Certes, le fossé s'est creusé depuis longtemps entre les responsables politiques et les citoyens ; des élections précédentes avaient déjà montré que les Français ne faisaient plus confiance aux gouvernants et se sentaient méprisés. Mais au-delà de ce constat, pourquoi un tel choix du FN ?

Je le précisais dans un article précédent, Marcel Gauchet disait il y a peu, "les Français ont besoin d'un président à qui ils couperont la tête". En effet, mais cela va bien plus loin que le fait de l'alternance, un coup à Droite, un coup à Gauche ; cette campagne nous a montré avec Mélenchon et aujourd'hui avec Le Pen, que nous n'avons pas quitté 1789, avec tout ce que cela signifie. Le Peuple se révolte : comme à cette époque "on aura ta peau", mais nous ne sommes plus au XVIIIème siècle ! et apparemment, nous n'avons pas grandi ; les dangers sont pourtant d'un autre ordre ! Certes il y a besoin de pain (le travail) et d'être à l'abri (un logement) mais les extrémistes qui montent en Europe depuis des années sont bien plus dangereux que les "mauvais patrons" et les "méchantes banques" ; la complexité du monde actuel suppose que les français réfléchissent un peu plus et quittent leur adolescence !

Je m'interroge aussi sur la place des classes moyennes, importantes numériquement ; quels rôles ont-elles joué durant ces dernières années pour en arriver là ? comment se situent-elles ? Que font-elles pour ainsi disparaître derrière le peuple en colère ? Se sentent-elles solidaires avec ce peuple ? Pourquoi n'apparaissent-elles pas pour ouvrir d'autres perspectives que les extrêmes ? Il est vrai que les mouvements extrémistes sont dirigés, à gauche comme à droite par de bons bourgeois et par certains de la classe moyenne ! Facile de manipuler les familles fragiles et craintives dans des buts électoralistes, mais cela aggrave la situation plutôt que d'aider à trouver les solutions. Mais peut-être que ces classes moyennes sont absentes, tout simplement, du débat politique, que cela ne les intéresse pas, et puis elles n'ont pas le temps occupées qu'elles sont à travailler, à tondre leur pelouse dans leur petit pavillon et à faire du ski l'hiver ! .... un petit bulletin de vote de temps en temps leur suffit ; les autres ? connaît pas. Peut-être aussi que, malgré leur niveau de culture et de raisonnement supposés, sont-elles incapables d'éviter le piège de l'émotion de la peur qui fait perdre l'art de la pensée et de la prise de recul ! Sommes-nous, à ce point, maléables par les médias et les discours protectionnistes à outrance ? Le FN recrute depuis 2007 non seulement dans les classes populaires mais aussi dans les classes moyennes supérieurs et professions libérales.

Sans oublier le rôle de Mélenchon et le mélange des genres avec le Front de Gauche. Tellement imbu de lui-même, il a joué au sauveur messianique et charismatique mais par le contenu de ses discours et ses modes de campagne (grands rassemblements) il a creusé le sillon du FN en attisant la haine et la colère, l'illusion de lendemains qui allaient chanter ; il a décomplexé les citoyens et leur a donné autorisation de dépasser les limites sans se soucier, nullement, de ce qui allait réellement se passer le lendemain et à plus long terme. Prenant fait et cause pour les militants travailleurs de la CGT et appui sur eux, il a oublié que l'action syndicale ne peut pas être confondue à l'action politique. Les syndicats sont des organes intermédiares de contre pouvoir, une politique ne peut pas et ne doit pas être déterminée par la seule pression d'un groupe de la population, même si ses revendications sont justes et justifiées. Dans cette période où nous sommes, les partis ne défendant qu'une partie de la population ou qu'une partie des thématiques, cassent les dynamiques de reconstruction et font le jeu de l'extrême droite. D'ailleurs, ces partis là, ont tous perdus des voix de façon importante ; ils n'ont servi qu'à conforter la colère. La France a oublié que la démocratie c'est le débat et la confrontation d'argumentations et non des coups de gueule qui font pencher le pouvoir (et les électeurs) au gré du vent. Pour l'élection présidentielle, l'enjeu est trop important et surtout dans le contexte actuel où faire preuve de responsabilité est essentiel !

Quant à Marine le Pen, diaboliser l'islam et les étrangers autant que les islamistes, lui permet en toute impunité, de distiller le poison au coeur même d'un peuple qui se veut démocratique et républicain et sans que celui-ci ne s'en aperçoive ! Nous-mêmes, n'avons pas suffisamment porté attention à cela.

Et, finalement, face à ce qui est aujourd'hui, cette montée des partis extrémistes, François Bayrou avait raison d'appeler à un gouvernement "d'unité nationale" ! Comment le prochain Président pourra-t-il gouverner ? Dès qu'il annoncera quelque chose il y aura des agitateurs pour s'y opposer, de droite comme de gauche. Seul, un rassemblement au-delà des partis habituels, une "union nationale" peut nous sortir de la terrible crise où nous sommes : crise économique, mais surtout crise politique, morale et sociale.

Maintenant s'ouvre une immense tâche mais bien entâchée ! ....

 

Commentaires

Cette montée du FN a pour principaux responsables à mon sens les politiques de tous bords qui depuis des années n'ont pas entendu les attentes, les besoins de certains électeurs de plus en plus dans la misère, la difficulté, tant sociales que financières. Et qui ont laissé faire la dérive du système financier, les injustices se multiplier, certains autres politiques entretenir des systèmes de favoritisme, de magouilles, d'injustices, d'ententes cordiales...au détriment des véritables intérêts généraux. Beaucoup, tant à droite qu'à gauche à des échelons plus locaux (région, conseil général, municipalité, circonscription...), n'ont pas retenu la leçon de 2002. Sur le chômage, l'insécurité et bien des domaines de préoccupations. Sans pour autant verser dans l'extrémisme, il faut parfois savoir imposer la juste loi. Sans pour autant verser dans l'ultra-tolérance, il faut aussi savoir prévenir le mal par l'éducation, l'intégration réussie...Le juste milieu en quelque sorte. Tant la Gauche que la Droite ont joué à tour de rôle les apprentis sorciers avec le FN depuis prés de 20 ans...Et ont beau jeu aujourd'hui d'être "inquiètes" par une certaine "normalisation". Il est temps de réagir, mais non pour protéger ces partis d'une quelconque menace. Plutôt pour protéger notre société d'une radicalisation qui serait néfaste à l'union vers laquelle plutôt il faut tendre.

Écrit par : Philippe Sans | 25/04/2012

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