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30/03/2012

Entre Béarn et Catalogne, une histoire ancienne

Le saviez-vous ? La première démocratie est Béarnaise vers l'an mille

F . Bayrou à Perpignan hier, raconte l'histoire

Toujours il revient aux racines, car se sont-elles qui nourrissent notre présent et nous permettent de prendre appui pour oser l'avenir.

Ces racines marquent aussi la culture profonde d'un peuple ; on comprend d'autant mieux ses convictions et ses aspirations qui sont aussi les nôtres : retrouver la liberté d'une vraie démocratie et donc d'une véritable République.

Je trouve étonnant qu'il raconte cette histoire quelques jours après que j'ai écrit l'article précédent "roi ou président", il est vrai que, sur le site bayrou.fr, j'avais informé de cette écriture ! Une autre réponse nous vient de l'an mille et toujours de cette terre occitane !


Merci à tous ceux qui sont venus et en particulier aux élus qui sont là. (…) J'ai une grande gratitude pour vous qui êtes venus en cette soirée, avec une magnifique lumière, donc une magnifique soirée et, si vous me permettez de vous le dire, je crois l'avoir déjà dit ici, j'ai une grande gratitude personnelle pour le Pays catalan. Applaudissements

Je signale que vous avez applaudi, mais que vous ne savez pas pourquoi ! Alors je vais vous dire pourquoi j'ai une grande gratitude personnelle pour le pays catalan parce que je suis un Béarnais, et cela a l'air bizarre qu'un Béarnais ait une grande gratitude pour le pays catalan… Cependant, il se trouve que, dans notre histoire du Béarn, votre région, votre pays a joué un rôle très important.

Ce que ne savent pas un très grand nombre d'observateurs, c'est que nous avons été ici, sur les contreforts des Pyrénées, la première démocratie d'Europe. Et la première démocratie d'Europe très longtemps avant que, en Angleterre par exemple, commence à naître l'habeas corpus. Nous, c'était cinq cents ans avant. Et en Béarn, ce n'est pas pour nous vanter, mais nous avons été les premiers à avoir une constitution écrite, aux alentours de l'an mille, qu'on appelait en Béarn les Fors, et de l'autre côté des Pyrénées, et peut-être chez vous, les Fueros.

C'était une constitution écrite en béarnais et qui raconte une chose extraordinaire pour expliquer pourquoi en Béarn le peuple a des droits qu'il n'a pas ailleurs puisque, dans notre constitution en l'an mille, le peuple des laboureurs a des représentants élus et ces représentants élus ont droit de veto sur les décisions du souverain. Et on n'a pas le droit, en l'an mille, de mettre qui que ce soit en prison sans avoir de jugement. Je ne sais pas si vous voyez, cinq cents ans avant, ce que cela représente.

Or il se trouve que ces fors de Béarn ont un préambule qui raconte l'histoire suivante. Ce préambule commence par la phrase : "Ici sont les fors de Béarn où autrefois il n'y avait pas de roi."

Et l'histoire racontée dans le préambule des fors de Béarn, c'est que le peuple, qui avait toutes les libertés, s'est aperçu à un moment que toutes ces libertés, d'une certaine manière cela entraînait des désordres s'il n'y avait pas une autorité pour les assumer.

Alors –Giscard détestait que je raconte cette histoire devant lui !- ils sont allés en Auvergne pour chercher un souverain, ils en ont trouvé un, ils l'ont mis sur le trône en Béarn et puis le souverain n'a pas respecté les droits du peuple, alors ils lui ont coupé la tête ! C'était expéditif, mais c'était efficace !

Après cela, ils sont allés en Bigorre voisine, ils ont là aussi trouvé un souverain, il n'a pas respecté les droits du peuple, il a subi le même sort.

Et puis ils ont entendu dire qu'en pays catalan il y avait un roi qui avait deux jumeaux. L'un des deux jumeaux était forcément destiné au trône, chez vous, et l'autre, ils se sont dit qu'ils pouvaient peut-être lui offrir le destin formidable, même pour un Catalan, de devenir souverain du Béarn.

Ils sont donc venus en délégation, ils ont interpellé le roi et le roi leur a dit : "Eh bien oui, écoutez, après tout pourquoi pas, choisissez celui que vous voulez". Et les fors de Béarn sont arrivés devant le berceau, ils ont vu les deux nourrissons, l'un avait les poings fermés et l'autre avait les mains ouvertes. Ils ont pris celui qui avait les mains ouvertes.

C'est à un prince catalan ayant les mains ouvertes que nous devons, nous, d'avoir eu l'histoire du Béarn, alors merci beaucoup !

Vous voyez qu'il y a, entre nous, mille ans de gratitude ! Et donc je suis extrêmement heureux d'être là

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