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25/03/2012

Jean Vilar aurait 100 ans

Il y a 100 an, aujourd'hui même, naissait Jean Vilar. Sète, sa ville natale lui rend hommage avec plusieurs manifestations (film, conférence, lectures) ; un musée lui a été dédié. Sète met, enfin, à l'honneur comme il le méritait, cet homme riche de multiples qualités, en plus d'être un homme de théâtre exceptionnel.


Frédéric Mitterand a fait le déplacement pour inaugurer l'ouverture du musée et rappeler cet homme à nos mémoires. J'étais présente. Entrant peu à peu dans l'univers de Vilar, je me retrouve au travers des photos exposées et des extraits de films, plongée dans un temps ancien qui, tout d'un coup se ravive !

Le TNP ! mais je connais, mes parents nous y emmenaient ! je revois ces lieux majestueux dans leur grande sobriété, dégageant une puissance semblable aux hauts lieux sacrés. Seules de grandes photos de comédiens décoraient les murs et quelques oeuvres de peinture moderne gigantesques. On se sentait pénétré dans un monde particulier, très différent des autres théâtres. Sans doute par l'architecture vaste, ouverte, un vrai palais, le Palais de Chaillot, et aussi par l'esprit insufflé par Vilar et sa troupe ! Un lieu majestueux mais où l'on se sentait bien, petit dans ces salles immenses, mais avec simplicité, comme si, nous aussi, nous portions par notre présence l'ambition de J. Vilar : le temple du théâtre et de la culture, ouvert à tous. Peut-être que les murs transpiraient également leur origine,  remplaçant le Palais du Trocadéro, il fut construit pour l'exposition Universelle de 1937, il était lieu  d'exposition du savoir et du savoir faire.  J. Vilar, reprend à son compte l'héritage de Firmin Gémier, premier créateur du Théâtre National Populaire en 1920, et lui donne le nom de TNP.

Je revois les photos de sa troupe, Gérard Philippe, Maria Casarès, Daniel Sorano (un très grand acteur), Sylvia Montfort (je n'aimais pas sa façon de déclamer). Me reviennent en mémoire les pièces que je suis allée voir : Lorenzacio et Les caprices de Marianne ... Gérard Philippe ! l'îdole ! Je n'ai jamais voulu revoir les caprices de Marianne joué par quelqu'un d'autre ; je ne voulais pas détruire l'image qui me reste de Gérard Philippe dans ce rôle ! Tous, des comédiens hors pair et que l'on percevait unis dans cette aventure sous la houlette du Maître.

Un sentiment de nostalgie s'empare de moi ! tellement de grands artistes à cette époque ! comédiens, chanteurs, ... et avec tant de qualités humaines qu'ils nous offraient, montrant la voie à leur façon ...

Puis, le début du festival d'Avignon. Je suis incapable de dire si j'y étais à ce moment là, où si, tellement proche de ce qu'ils faisaient, j'avais l'impression d'y être ! J'y suis allée plus tard, mes parents ayant déménagé dans le Vaucluse, cela devenait accessible lors de quelques vacances chez eux. Le théâtre dans la cour d'honneur du Palais des Papes reste toujours magique !

Et dire que ce festival aurait dû avoir lieu à Sète, sa ville natale ! Comment une municipalité peut être aussi aveugle pour lui avoir refusé cela ! C'était sa première demande : faire ce festival à Sète, il essuya un refus. René Char l'invite en 1947 à donner des représentations à Avignon, l'année suivante il y revient et crée le premier "festival".

Pour Sète, cette année est l'année Jean Vilar, sa mémoire nous accompagnera un temps. Un hommage  bien mérité qui, j'espère, durera plus qu'une année ! Sa ville natale avait été jusqu'alors bien timide, malgré l'attribution de son nom au théâtre de la mer et que peu utilise en tant que "théâtre Jean Vilar" !

Pire peut-être, qui, de Sétois, a connu le TNP ? Combien ont participé aux festival d'Avignon ? Connaître Vilar, c'est le suivre, le côtoyer dans son oeuvre. Le musée J. Vilar est là pour ça, pour les anciens et pour les plus jeunes. Espérons qu'il demeurera au-delà de la St Louis, pour que, à Sète, Jean Vilar reste à l'honneur pour toujours à la hauteur de qui il fut !

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