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21/11/2011

Emotion et confusion, les dérives émotionnelles

Les élections législatives en Espagne le démontrent : la crise avec les multiples incertitudes et le sentiment d'insécurité qui traversent la société, font revenir des gouvernements de droite populiste comme un rempart, une protection. Mais n'oublions pas tous ceux qui n'ont pas été voter, ne sachant plus à quel saint se vouer, écrasés par la fatalité et pourtant sans s'y résigner ! Ces voix non exprimées dans les urnes existent bien cependant secouées par d'innombrables sentiments et ressentiments !

Certains profitent de ce temps de troubles pour accentuer le basculement en jouant sur les émotions primaires des gens.

Nombre de messages mail ou vidéo circulent sur la toile internet comme une trainée de poudre pour renchérir les sentiments de peur, de révolte, de colère contre tout et contre tous : les politiques, la justice, les banques, les Rroms, les fraudeurs, les récidivistes, l'Islam, etc... Rien ne va plus, seule l'émotion est vraie et semble manifester que l'on existe encore !

Croire que l'on est humain et dans la vérité parce qu'on est dans l'émotion, rétrécit l'homme à pas grand chose. Et cela ne le ramène-t-il pas à l'être bestial qui est prêt à bondir sur tout, pour protéger sa survie ? En effet, les temps sont graves, faut-il pour autant perdre ce qui fut l'évolution de l'Homme : le développement de ses connaissances et de son intelligence ? mais aussi le développement de ses sentiments humains ?

Un être humain est fait d'esprit, de coeur et de corps. Oublier l'un de ces trois éléments, c'est l'anéantir, peut-être même l'aliéner. Mettre en avant ses émotions, c'est s'alierner à ses ressentis, perdre tout autre faculté.

Là, le danger est grave. Quelqu'un écrivait tout à l'heure à propos de Marine le Pen, FN, "qui permet de dire qu'elle ne sera pas meilleure ou pire que les autres ?" Ce qui signifie clairement "qu'importe qui me promet dans la mesure où je partage les mêmes émotions, les mêmes critiques faciles. Comme un enfant égaré prêt à suivre le premier qui va titiller ses angoisses et lui promettre le bonbon qui va l'apaiser !

Dans ces moments de tumulte, ancrer ses pieds dans les terres d'attache est particulièrement indispensable.

Souvenons-nous du Petit Poucet : entraîné malgré lui vers des horizons de dépendance, il avait pris soin de semer des petits cailloux blancs pour pouvoir retrouver son chemin ; il a tout fait ensuite pour retrouver force et se sortir de l'emprisonnement. Avant l'heure fatale, il a su reprendre sa liberté et retrouver la route de chez lui. Malgré sa première impuissance, il n'a pas défailli ; il s'est sauvé ,ainsi que ses frères, avant qu'il ne soit trop tard.

De même les pêcheurs, puisque nous sommes dans ce pays marin, connaissent les dangers de se laisser trop embarqués par les courants forts ou les sirènes ; ils savent garder le cap et traverser les tempêtes parce qu'ils se souviennent de leur port d'attache.

Fusionner avec l'émotion de l'autre nous amène dans un tourbillon qui s'enfle et que l'on ne contrôle plus, par manque de distanciation et de discernement.

Être humain c'est ne pas oublier son coeur ; mais le coeur est bien plus que les émotions, il est sentiment, il est aussi intelligence (intelligence du coeur). Et seul, il ne peut pas grand chose.

 

Commentaires

Je partage Nicole cette vision qui est de ne pas oublier de s'ancrer dans nos racines, nos valeurs...en ces temps qui sont et s'annoncent encore plus difficiles. Perdre nos valeurs ne feraient qu'accentuer la tentation de l'extrémisme, des solutions illusoires, de l'égoïsme et du repli sur soi-même qui vont à l'encontre de ce qui peut sauver notre société (entraide, solidarité, respect de l'intérêt général, non exploitation de l'homme par l'homme...).

Écrit par : Philippe Sans | 21/11/2011

Bonjour Nicole,
Par nature parfois, et en ces temps gris et nuageux qui y contribuent, j'ose dire que notre société est à un tel degré de déclin que je sinistrose.Par quel bout, je me dis, comment peut-on (tous combien nous sommes) s'indigner c'est vrai..mais a-t'on le droit de baisser pavillon ? a t'on le droit de faire du narcissisme ? a t'on le droit de se mettre des oeillères ? Et ne parlant pas de manipulations, elles nous étranglent et nous guettent!! alors chère Nicole, ton blog fait du bien et tes mots que je trouvent sincères et justes me donnent une connotation positive et plein d'optimisme.Amitiés, Tino.

Écrit par : di martino | 21/11/2011

Merci pour vos commentaires qui m'encouragent ! Parfois, moi aussi, je doute de ma pertinence ; l'impression de ramer à contre courant ! Mais je sais, et vous en êtes les témoins, que nous sommes nombreux, causant, chantant ou silencieux à croire et agir selon nos moyens, pour sauvegarder l'humanité et notre terre ! La crise passera et nous resterons fiers d'avoir su résister sans perdre notre âme ni affoler notre cœur.
amitié

Écrit par : Nicole Bandelier | 21/11/2011

Les commentaires sont fermés.